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Le 14 août 2020

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Courriel adressé au Préfet de Guyane

Monsieur le Préfet,

Les événements dramatiques survenus récemment au Liban et consécutifs à des négligences coupables sur la gestion d’un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port de Beyrouth nous amènent à vous interpeller sur le danger potentiel d’un tel stockage en Guyane Française.

En effet, comme le stipulait textuellement le dossier du maître d’ouvrage (1) de la Montagne d’Or, le nitrate d’ammonium est l’explosif de référence de ce projet d’extraction minière industrielle auquel nous nous sommes opposés. On peut y lire : « La fragmentation des roches dures sera réalisée à l’aide de tirs de mine réguliers impliquant la mise en œuvre de produits explosifs à base de nitrate d’ammonium, …».

L'industriel précise plus loin, que « Pour maîtriser ces risques, le stockage de chaque produit devra être adapté (local ventilé, hors d’eau, protégé de l’humidité et de la chaleur », des notions bien contradictoires qui ressemblent à un pari hasardeux sous notre climat équatorial.

Pour rappel, il était prévu d'importer chaque année pour les besoins de ce projet industriel, environ 6400 tonnes de ce composé chimique.

Dans une note confidentielle émanant du Ministère de l'Environnement que nous nous étions procurés, datée de février 2016, on évoque de « rechercher un emplacement dans l’Ouest guyanais accessible par la voie d’eau permettant de stocker les divers produits nécessaires à ces projets de développement. » (...) Incluse dans une parcelle de 100 ha, « une zone d’environ 10 ha recevant les bâtiments de stockage des ammonitrates et de cyanure ». Pour conclure, les sites envisagés étant : « la pointe Panato et crique Coswine sur la commune de Awala Yalimapo et du site Crique aux vaches sur la commune de Mana ».

Par ailleurs, au Suriname, une nation très imprégnée par l'industrie minière, l'ONG « Probios Suriname » évoque actuellement une éventuelle présence de 2500 tonnes de nitrate d’ammonium stockées dans des sites sensibles, dans la capitale Paramaribo ? (2).

Enfin, au-delà des nombreux projets d'industrie minière qui sont en gestation depuis l'arrêt gouvernemental de Montagne d'Or (Espérance, Iamgold, Auplata...) reste l'usage agricole du nitrate d'ammonium ?
Nous vous demandons donc solennellement, Monsieur le Préfet, la transparence sur la présence d’éventuels sites de stockages de nitrate d’ammonium dans notre région. Sans en citer la situation exacte par mesure de sécurité, nous vous demandons de nous éclairer sur le nombre de sites, la quantité maximale stockée par site, la destination et les mesures de sécurité prises à cet effet (3).

Nous ne doutons pas de votre confiance en tant que garant de la sécurité des personnes et des biens mais pensons indispensable en cette période de doute, d'informer la population sur ce risque industriel.

Respectueusement,

1 - Dossier du Maitre d'Ouvrage Montagne d'or en Guyane : le Nitrate d'ammonium est évoqué page 52, 90, 94, 95.
https://montagnedor.fr/wp-content/uploads/2018/03/Dossier-du-Maitre-dOuvrage-Montagne-dOr.pdf?fbclid=IwAR1Z9ITzyk7kfw1o5Lu1L9AILon1JCJMs1ozeB-l9akcGqHOIzsSd44iN-8
2 - https://www.facebook.com/ProBioS/posts/10216905531565938
3 - Lire à ce titre l’article du Canard Enchaîné du 12 août 2020.

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